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Une revue systématique menée par le projet MENA Migrant Health et publiée dans la revue Travel Medicine and Infectious Disease révèle que les migrants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) présentent des taux de tuberculose (TB) nettement plus élevés que les non-migrants, ainsi qu’un succès thérapeutique inférieur et une plus grande vulnérabilité aux formes pharmacorésistantes de la maladie.
L’analyse a porté sur 57 études menées dans 12 pays de la région MENA, incluant des données provenant de plus de 95 000 cas de tuberculose et de plus de 3,5 millions de migrants. L’incidence de la tuberculose chez les migrants variait de 26,7 à 69,8 pour 100 000, contre 11,5 à 16,8 pour 100 000 chez les non-migrants. Bien que la mortalité liée à la tuberculose soit environ 20 % plus faible chez les migrants, les taux de réussite du traitement restaient inférieurs au seuil de 90% recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’étude a également révélé une prévalence plus élevée de la tuberculose pharmacorésistante parmi les migrants. Toutefois, les définitions du terme “migrant” variaient considérablement, et la majorité des études ne faisaient pas de distinction en fonction du statut légal ou du pays d’origine, soulignant la nécessité d’une harmonisation de la collecte des données dans la région.
“Sans stratégies ciblées et une meilleure surveillance — en particulier dans les zones sous-représentées comme l’Afrique du Nord — les efforts actuels d’élimination de la tuberculose risquent de laisser de côté les populations migrantes”, a déclaré Taha Maatoug, doctorant au sein du projet MENA Migrant Health et premier auteur de l’étude.
Les chercheurs ont identifié trois lacunes majeures dans les données : une pénurie d’informations en provenance des pays d’Afrique du Nord, une dépendance aux chiffres absolus de cas plutôt qu’aux taux d’incidence ou de prévalence, et l’utilisation fréquente de la citoyenneté au lieu du statut migratoire pour classifier les individus. Ces limitations entravent la capacité des programmes de santé publique à mettre en place des réponses efficaces et adaptées à la tuberculose chez les populations migrantes.
Les auteurs insistent également sur le rôle des obstacles structurels — comme l’accès limité aux soins, la peur de l’expulsion et les politiques restrictives — dans la réduction de l’adhésion au traitement et l’aggravation du risque de tuberculose chez les migrants. Ces résultats renforcent la nécessité d’une coordination transfrontalière, de politiques de santé inclusives et de services mobiles de proximité pour améliorer le dépistage précoce, garantir la continuité des soins et combler les écarts persistants en matière d’équité dans les résultats liés à la tuberculose.
Reference
Maatoug, T., Seedat, F., Elafef, E. et al. Burden, clinical outcomes, and characteristics of tuberculosis in migrant populations in the middle East and North African region: A systematic review and meta-analyses. Travel Medicine and Infectious Disease. July-August 2025. https://doi.org/10.1016/j.tmaid.2025.102872



