
Hassan Edries est un individu soudanais titulaire d’une licence en Santé Publique et d’un master en Contrôle intégré des maladies transmissibles. Il a travaillé dans le cadre du Programme National de Vaccination au Ministère de la Santé, ainsi que dans le cadre du projet d’entomologie KalaCORE, mettant l’accent sur les mesures de lutte contre le vecteur de la leishmaniose viscérale en Afrique de l’Est. Ainsi, il a exercé dans le domaine du renforcement des capacités et de la recherche à la Direction du contrôle des maladies transmissibles, et plus particulièrement au Programme National de lutte contre le paludisme au sein du Ministère fédéral de la Santé.
1. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a attiré dans le projet MENA Migrant Health ?
En tant que spécialiste de la santé publique, j’ai été attiré par l’opportunité de contribuer à améliorer la vie des migrants, d’accroître l’accès aux soins de santé et de réduire les inégalités en matière de santé dans la région MENA. Grâce à la recherche, la promotion et les recommandations politiques, ce projet vise à améliorer les systèmes de santé et à garantir le respect des droits et du bien-être des migrants.
2. Vos recherches portent sur le VIH et l’hépatite virale chez les migrants. Qu’est-ce qui a suscité votre intérêt pour ce domaine ? Et comment cela contribuera-t-il au projetç?
Le VIH et l’hépatite virale constituent des défis majeurs pour la santé des migrants. Comprendre la prévalence de ces infections au sein des populations migrantes est essentiel pour comprendre leur impact global dans la région MENA. En se concentrant sur les migrants, les chercheurs peuvent identifier les lacunes dans l’accès aux soins de santé et proposer des stratégies efficaces pour les résoudre. Les profils épidémiologiques variés des migrants, influencés par les différences de prévalence dans leurs pays d’origine, offrent des perspectives précieuses. Comprendre ces différences peut façonner les politiques de santé régionales et améliorer les efforts de prévention. De plus, de telles recherches contribuent à identifier les défis auxquels font face les migrants pour accéder aux soins de santé, facilitant ainsi le développement d’interventions visant à fournir des soins équitables et culturellement adaptés.
3. Poursuivre un doctorat dans un pays en conflit doit être très exigeant. Pourriez-vous nous faire part des difficultés que vous avez rencontrées et des conséquences que cela a eues sur votre parcours universitaire ?
Le principal défi est celui de la sécurité. Les zones de conflit sont instables et dangereuses, elles posent des risques pour la sécurité des personnes et entraînent des violences, un manque d’infrastructures et des obstacles qui limitent l’accès aux ressources éducatives et entravent les activités de recherche. En plus, l’absence d’Internet a parfois entraîné un manque de communication avec ma famille.
4. Vous faites partie d’un réseau de chercheurs en début de carrière appelé My-MENA EMCR-Network. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Le My-MENA EMCR-Network offre des possibilités de développement professionnel, de collaboration en matière de recherche et de mentorat. Les chercheurs en début de carrière peuvent bénéficier d’ateliers, de conférences et de séminaires adaptés à leurs besoins, afin d’améliorer leurs compétences et d’élargir leurs réseaux de recherche, tandis que le soutien par les camarades permet l’échange d’expériences, de conseils et de motivation. Il offre également une perspective régionale, en donnant un aperçu des tendances de la recherche, des possibilités de financement et des parcours de carrière propres à la région MENA.
5. Qu’espérez-vous réaliser personnellement et professionnellement en terminant votre doctorat?
D’un point de vue personnel, cela me donnerait un sentiment de satisfaction et de réalisation. Un doctorat est considéré comme une réussite importante, qui témoigne de la persévérance, engagement et d’un haut niveau de réussite académique.
Sur le plan professionnel, un doctorat peut ouvrir la voie à des opportunités plus importantes dans le monde universitaire, dans la recherche ou à des postes de direction. Il permet également aux individus d’apporter de nouvelles connaissances et de nouveaux points de vue dans leur domaine grâce à la recherche, d’établir des liens précieux avec d’autres professionnels et d’améliorer leur réputation et leur crédibilité professionnelles.
6. Comment envisagez-vous l’avenir du projet MENA Migrant Health et son rôle dans l’amélioration de la santé des migrants dans la région?
Le projet MENA Migrant Health peut influencer les politiques au niveau national en plaidant en faveur de l’inclusion de la santé des migrants dans les agendas et la mise en œuvre de politiques spécifiques pour relever les défis uniques auxquels sont confrontés les migrants. Le projet favorisera la collaboration entre différents systèmes de santé, en partageant les meilleures pratiques et en coordonnant les efforts pour garantir que les populations migrantes reçoivent des soins appropriés. De plus, il peut autonomiser les communautés de migrants en leur fournissant des connaissances et en organisant des campagnes de santé et des ateliers.



