
Anissa Ouahchi est médecin et travaille comme gestionnaire de programme. Elle a de l’expérience dans la recherche sur la santé sexuelle et reproductive, où elle a également acquis des compétences en matière de gestion de projet et de formation des travailleurs de la santé.
Qu’est-ce qui vous a attirée dans le projet MENA Migrant Health ?
Les femmes migrantes sont confrontées à toute une série de problèmes de santé sexuelle et reproductive, notamment la coercition sexuelle, les taux élevés de grossesses non désirées, le manque de connaissances sur les services de santé ou l’assistance sociale, et le manque d’emplois, qui entraîne un manque d’accès à l’assurance maladie. Avant de rejoindre le projet MENA Migrant Health, j’avais déjà participé à une étude sur l’évaluation de base des vulnérabilités socio-économiques et sanitaires des migrants pour un accès efficace aux services de santé en Tunisie” et coordonné une autre étude sur la cartographie nationale des migrants et des organisations fournissant des services de santé en Tunisie”. En tant qu’ancienne coordinaterice de projet de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et point focal pour la santé des migrants dans mon institution, mon intérêt pour le domaine de la migration s’est accru, d’autant plus qu’il reste encore des activités à mener pour garantir une meilleure prise en charge des migrants en situation de vulnérabilité. Le projet MENA Migrant Health est l’occasion de renforcer mes connaissances sur la migration et, surtout, mes compétences en matière de recherche.
Vos recherches portent sur la santé maternelle et néonatale. Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour ce domaine ?
Depuis que j’ai rejoint mon institution, j’ai travaillé avec l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), où j’ai participé à la formation de responsables de la santé de pays partenaires subsahariens à la gestion de projets de santé maternelle et néonatale. J’ai ensuite participé à un autre projet avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) afin d’améliorer la santé maternelle et néonatale en Tunisie. Par la suite, mon travail avec l’OIM sur l’accès des migrants aux services de santé sexuelle et reproductive a renforcé mon désir d’approfondir mon travail et plus particulièrement dans le domaine de la recherche sur la santé maternelle et néonatale des femmes migrantes, notamment les plus vulnérables, afin de mettre en évidence leurs difficultés d’accès aux services de santé et les problèmes de santé qui découlent de leur situation.
Qu’espérez-vous réaliser personnellement et professionnellement à l’issue de votre doctorat ?
Sur le plan personnel, j’aurai satisfait mon désir de renforcer mes compétences en matière de recherche. Sur le plan professionnel, tout ce que j’apprends dans le cadre de mon inscription au doctorat sera très important pour ma carrière actuelle et en tant que future chercheuse dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Ce doctorat me permettra de contribuer encore plus efficacement à l’amélioration de la santé, en particulier pour les populations vulnérables desservies par mon institution.
Comment envisagez-vous l’avenir du projet MENA Migrant Health et son rôle dans l’amélioration de la santé des migrants dans la région ?
Grâce à ce projet international, le partenariat entre les pays sera renforcé car ils partagent les mêmes objectifs et peuvent échanger leurs expériences. En outre, nous disposerons à terme d’une base de données sur le profil sanitaire des migrants dans chaque pays, ce qui est très important pour comprendre leur situation sanitaire et renforcer leur droit à la santé.



